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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 22:51

 

Je ne cesse de le dire, il n’y a qu’une chose qui vaille la peine dans ce monde, c’est la richesse des rencontres que l’on peut y faire. On peut bien courir le monde, si l’on avance seul et sans personne pour nous enrichir l’âme et l’esprit, les plus beaux paysages ne sont que des coquilles vides.

 

C’est étrange comme on peut aussi se retrouver à découvrir des gens par le plus grand des hasards et se dire que ce dernier nous a placé au bon endroit, au bon moment et avec un état d’esprit qui permettait la rencontre.

 

Ainsi, il y a quelques semaines, j’ai accompagné une amie à une démonstration d’un art japonais qui m’était totalement inconnu. Etant curieuse de nature, je l’ai suivi avec joie. Là, j’ai découvert une assemblée d’anonymes hétéroclites, sorte de groupe bigarré mélange de toutes communautés et dont le dénominateur commun était l’intérêt pour cette discipline artistique.

 

La réunion se déroulait en plein air, et lors du pique-nique, l’un des participants a sorti une couverture pleine de poils de chat et cela a suffit à engager la conversation. Le courant passe bien, le contact est facile, la discussion est lancée.

A la fin de la journée, on fait un petit debrief en retournant au métro et on se dit que ce serait sympa de se revoir. Rendez-vous est pris.

 

Je ne sais pas si cela vous arrive aussi, mais parmi les personnes que je rencontre, il y a trois catégories :

-        Celles qui m’apportent

-        Celles que je porte

-        Celles qui échangent

La première est constituée des gens qui ont une personnalité, un talent, une aura ou un charisme qui m’enseigne quelque chose. Je me sens grandir à leur contact. Nos sensibilités sont complémentaires, mais j’ai bien conscience de leur être inférieure par la grandeur des qualités que j’admire en eux. Je suis une sorte de disciple et eux les « mentors » ou les « savants ».

Dans la deuxième classification se trouvent les gens qui ont besoin de moi, dont je suis l’oreille attentive, l’épaule sur laquelle pleurer, la béquille qui leur manque parfois pour passer un cap difficile. Mon âme de Saint-Bernard met alors tout en œuvre pour les aider à reprendre confiance en eux. Sans être un gourou, je m’efforce de les remettre sur les rails, d’être le Yoda de ces Padawans rongés par le doute ou la douleur.

La dernière classe est plus homogène, on y retrouve des amis ou connaissances qui sont plus dans l’équilibre des forces. On s’apporte mutuellement des choses, nous nous entendons bien car nous sommes différents mais carrément en phase. Il n’y a pas de rapport de force, pas d’impression de les sentir sur un piédestal ou au contraire un peu sous la vague.

 

La rencontre que j’évoque se situait typiquement dans le 2e groupe et je l’ai senti de suite. J’avais donc un rôle de soutient à endosser, mais cela n’avait rien d’un challenge, j’y percevais comme quête de sens, une expérience à transmettre. J’ai accepté le deal.

C’était pourtant une idée bizarre, car je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait, pourtant j’y suis allée sans appréhension. Un peu comme quelqu’un a qui on tend une lourde épée en lui disant : « vas-y, tu n’es pas un guerrier mais tu vas sauver l’honneur de ton clan, ta tâche sera ardue mais glorieuse ». J’ai pris l’épée symbolique.

 

No strings attached

 

Ce week-end, j’ai procédé à un exercice étrange et que j’avais déjà pratiqué il y a douzaine d’année de cela : j’ai aidé quelqu’un à s’affirmer. Cela n’a l’air de rien, mais beaucoup de gens restent bloqués dans des tranches de leur vie, comme un geek qui n’arriverait pas à passer au niveau supérieur d’un jeu. Et un coup de pouce à ce moment stratégique leur permet de bondir vers les étapes suivantes.

Par la parole, l’aisance affichée et l’écoute, j’arrive à mettre en confiance la personne. Petit à petit, elle s’ouvre, se libère, révèle des choses qui lui pesait, ose se mettre en danger pour voir que la montagne n’est qu’un tas de cailloux et qu’elle peut la franchir sans encombre.

Prendre conscience que l’on est capable d’effectuer une tâche qui nous semble insurmontable est précieux. La transmission d’un savoir est comme une projection de soi sur l’autre. On devient ses mains, on entre dans sa tête, on aide à faire le bon geste, on corrige et on affine le mouvement ou la pensée. C’est comme si on dédoublait le savoir en le transmettant car il s’enrichit au passage du ressenti de celui qui reçoit. Une sorte de division cellulaire.

Il ne faut rien brusquer, les choses doivent se faire d’elles-mêmes, sans forcer. On se sent près et hop, on se lance. Il n’y a pas de risque, je suis le filin de sécurité, je fais en sorte que tout se passe bien. Il faut arriver à gommer tout sentiment d’anxiété en rassurant, en expliquant, en guidant. L’appréhension n’est pas évitée, elle est même nécessaire pour prendre conscience qu’on franchi un cap, mais elle est rationnalisée. On enlève le côté pathogène et paralysant de l’angoisse par des mots et des actes qui mettent en confiance et transforment le stress en énergie qui permet d’avancer.

 

Ensuite, on voit dans le regard de l’autre, cette double récompense : la fierté d’avoir réussi ce qui paraissait infranchissable et la reconnaissance d’en avoir été le facteur essentiel. On pourrait dire que ça flatte l’égo, mais c’est plus que cela. C’est un jeu gagnant-gagnant. Le sentiment de plénitude et de revanche sur soi est énorme pour celui qui reçoit l’enseignement. Aider quelqu’un à se réaliser est rare, mais cette révélation intérieure est primordiale et donne un sentiment de plénitude qui aidera à franchir bien d’autres difficultés.

 

 

Je l’avais senti, je ne me suis pas trompée. J’ai réussi, j’en suis pleinement satisfaite. Les rencontres sont ainsi, on a besoin des autres pour partager des expériences, des doutes ou des moments de joie. Parfois les trois en même temps. C’est assez magique.

Cela peut paraître prétentieux et pourtant ce n’est pas le cas, juste la satisfaction d’avoir été utile, d’avoir aidé mon prochain et de savoir qu’il va se sentir mieux et avancer dans la vie avec un moral plus léger et une conviction plus chevillée au corps. Prendre conscience de son potentiel et oser affirmer ses choix n’est ni simple, ni facile, mais c’est ce qui fait que nous sommes uniques.

 

Comme dit le Petit Prince de Saint-Exupéry : « On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux ».

 

 

Sister « Fortes fortuna juvat »

 

Chronique 02092013 Chronique 02092013

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