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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 01:11

…Palma de Mallorca.

 

Revue de détail d’une jolie médaille et de son revers.

Quand j’ai embauché chez ce nouvel employeur, il y a deux mois de cela, on m’a « vendu » cette mission comme une opportunité, un genre de « bonus Club Med » ou presque.

Pensez donc, notre principal client se trouvant sur cette île magnifique des Baléares, je m’y voyais déjà… plages immenses, découverte de la ville, des gens et d’un mode de vie dont j’ignore tout. Cet « after work » me semblait bien tentant et tellement plus exotique que les missions habituelles à Levallois, la Défense ou Paris 10.

Bah oui… mais non.

 

Surprise ! Hé non, ce n'est pas Orly, saurez-vous le reconnaître ?

 

Le client a pris la réservation : le 15 juillet, Orly, vol de 7h10. Ouch ! Ça commence fort. En déduisant le temps d’embarquement, le trajet en taxi (parce que chez moi, y’a pas encore de train à cette heure d’avant les poules), ça nous fait un réveil à 3h ! Damned ! Moi qui ne me couche pas avant 1h ou 2 du mat’, là c’est limite la nuit blanche. Redoutable avant les épreuves à venir.  Bon, j’ai bien tenté d’aller me pieuter avant minuit mais pas moyen. En plus, je voulais aller voir le super-méga-wonder feu d’artifice des 120 ans de la Tour Eiffel. Là c’est raté, pff, ça commence mal cette affaire.

 

Sans parler des voyages en avion qui n’ont pas franchement bonne presse en ce moment où ça tombe comme à Gravelotte. Quitte à aller dans un petit coin de paradis, j’aimerais autant que ce ne soit pas celui où le tôlier s’appelle Saint-Pierre. Enfin, j’dis ça, j’dis rien…

 

Bien sûr au guichet d’enregistrement, panne informatique, il faut poireauter, encéphalorectomie me guette, j’aurais pu dormir une bonne demie heure de plus. Ensuite escale à Madrid, l’avion suivant est maintenu au sol et retardé pour cause de défaillance électrique. Ok, je check dans mon sac, j’ai un slip en rabe, parce que là ça devient chaud, la flippe n’est pas loin. Après 1h30 de retard, on monte dans l’engin, croisant les doigts et les orteils pour que les mécanos aient eu le temps de trouver la panne et de la réparer.

 

Il faut l’admettre, arriver chez le client pile-poil pour mettre les pieds sous la table, ça fait pas très pro, mais ils sont pas cools sur Air Europa, pas le moindre verre d’eau ou bricole à avaler, même avec tout ce retard, on peut se gratter et jeûner en silence. La misère ! A moins de claquer ma paye pour un casse-dalle minus et ramoli, très peu pour moi.

 

À propos de boustifaille, faut avouer un truc, ils sont fortiches les Majorquins pour la cuisine, car leur cantoche est carrément gastronomique et super luxe à côté des immondes selfs industriels français (dont je ne citerai pas les noms pour éviter tout procès, mais je n’en pense pas moins). Equilibré, varié, frais et pas cher, le tout face à une organgeraie et dans une ambiance qui rappelle plus la brasserie pour étudiants que les lieux austères  au 3e sous-sol avec plantes en plastique qu’on a chez nous.

 

Passées les réjouissances de la table et la prise de contact, ce fut boulot, boulot, boulot. Difficile de garder le cap et de ne pas bâiller quand on est debout depuis plus de 16 heures après une telle journée et 38° à l’ombre, j’avoue être plutôt encline à trouver un repos bien mérité. Grossière erreur ! En Espagne, ça ne fonctionne pas comme ça, ici le soir on sort, on va boire un coup puis on dîne tard. Il faut dire qu’à 1 € ou 1,50 € le soda ou la bière, ça reste largement 6 fois moins cher qu’à Paname, donc ils auraient tort de se priver. De là à penser que nos limonadiers parisiens s’en collent plein les poches, il y a un pas que je n’hésiterai pas à franchir, parce qu’en plus il n’y a aucune valeur ajoutée à décapsuler une bouteille, même en terrasse.

Du coup, pas de temps mort, une fois finie la grosse journée de taf, on enchaîne sur le resto. Un véritable établissement dont la finesse des tapas et la variété des goûts et saveurs à littéralement enchanté mon palais. Je n’avais pas aussi bien mangé depuis longtemps, un pur bonheur de finesse gustative si loin des minuscules bouchées grasses et écoeurantes que j’avais pu manger à Paris.

 

23h30 : buenas noches, hasta mañana.

Il paraît qu’il y avait une piscine dans l’hôtel (au sous-sol, voilà qui n’est pas banal), mais je n’ai pas eu le loisir de la tester. Une douche rapide et effondrement en slip sur les draps. Crevée, kaput, naze, à la ramasse totale.

 

Le lendemain, rebelote : déj’ aux aurores, taxi, boulot, boulot, boulot et bye bye, l’avion m’attend. Pas eu le temps de finir, car il y a toujours des imprévus, des impondérables, mais il faut partir.


Arrivée dans la zone d’embarquement, il y a une queue immense (nan, pas celle de Rocco bande d'obsédés), un truc de fou, je prie un peu pour que ce ne soit pas mon guichet… raté, c’était bien à cette masse de vacanciers sur le retour qu’il me fallait me joindre pour accéder enfin au vol vers mon home sweet home. Rien de particulier, sinon que l’avion est rempli d’au moins d’un tiers de gamins qui piaillent, chouinent, remuent, des gosses quoi.

Le vol se passait bien, quand d’un coup je vois un nuage énorme, ressemblant à un immense iceberg allant du sol et s’élevant sur plusieurs centaines de mètres de hauteur et de largeur alors qu’autour le ciel est bleu. Hum, impressionnant. Quelques instants plus tard, c’est à notre tour de traverser un gros nuage… ça secoue beaucoup, on est largement ballotés de tous côtés, d’un coup un trou d’air nous fait décrocher,  puis un autre, les gosses hurlent, poussent des cris stridents et les parents serrent les dents en attendant que ça passe. On n’est pas fiers et alors qu’on approche d’Orly, on sait que cette phase de descente n’est pas la plus anodine. Après de belles frayeurs, on a fini par arriver entiers et il ne me restait "plus" que deux heures de transports en commun pour rejoindre ma banlieue. Pff, quel périple !

 

Ainsi, je venais de quitter les plaines arides d’une île dont les paysages m’ont immédiatement rappelé les images de Sergio Leone. Je ne pensais pas qu’on pouvait croiser si près de chez nous, des sols dont la terre battue ocre et les cailloux laissent à penser que la végétation est en sursit permanent. Pourtant, des lauriers roses géants poussent sur les bords de l’autoroute, c'est tellement différent de mes shémas habituels... A l’arrivée c’est orage (ô désespoir, oui, il fallait que je la fasse celle-là) et me voilà retombée dans la grisaille parisienne.

 

Fin de la mission… jusqu’à l’année prochaine… si je suis toujours dans cette entreprise. 

 

Sister « on board »

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commentaires

Marc Vincent 25/07/2009 04:34

Délicieux ce reportage de ton voyage, coloré dans le discours ,
rempli de ces merdes d'incontournables, ces misères de L 'après 11 septembre' et toute la régie des aéroports ... Dites-donc , Y-a-t-il un cerveau à la tour de controle....
Imaginez-vous, nous, au Canada, avec les amerloques , traverser les frontières ressemble aux films de Sergio Leone ou de ...pire encore du Reich de l'époque Hitlérienne ou du régime Stalinien....

TT02 20/07/2009 17:08

Tu as appris l'espagnol commercial au moins j'espère. Parce que je crois que tapas tu as bien assimilé, hein ! (Et tu as raison)

fabbv 20/07/2009 09:36

Quand je travaillais chez un éditeur mondial de logiciels, j'ai été envoyé une semaine en mission en égypte au caire.En fait de semaine ça a été 10 jours non-stop de boulot d'enfer (dont 2 week-ends), de 8h à 22h, sous une chaleur écrasante, avec en prime une tourista carabinée.Retour au bureau, et mon chef qui était parfaitement au courant du déroulement de la mission me dit: "alors, c'était bien ces vancances?" devant mes collègues.Moi: "Tes missions pourries tu peux te les garder. Tu parles de vacances, connard!"Démission dans la foulée...

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