Hé bien je serai reine d’Angleterre, diététicienne pour ours végétarien, peigneuse de girafe, éleveuse de Chippendales, chercheuse en physique quantique appliquée à l’édulcorisation des spécialités laitières chez Danone ou « employée » (à pas grand chose, pour un salaire de trois fois rien avec une motivation de moins que rien).
Non, finalement, aucun métier ne me faisait rêver quand j’étais petite (qui a dit que du haut de mon mètre soixante deux je ne pouvais toujours pas prétendre être devenue grande ?).
Bref, pas carriériste la fille, tranquille, ouverte à tout métier pouvant la séduire, prête à apprendre la vie, espérant découvrir une passion, un artisanat, un savoir-faire ou juste attraper la fièvre des brokers.
C’est marrant, on ne rêve jamais de devenir cariste, huissier, goûteur de salsifis en boîte ou agent de surveillance… Il faut dire que ces professions ne sont pas très glamours et pourtant, ces gens vivent peut-être mieux que certaines célébrités qui n’existent que par et pour le regard des autres et redoutent chaque jour l’éloignement des médias ou la flétrissure de leur beauté (alias leur fonds de commerce).
Manque de bol, le système éducatif impose très vite de faire un choix, LE choix ! Comment décider à 14 ans le métier qui va vous occuper pendant plus de 40 ans alors qu’on ne connaît presque rien de la vie et qu’on a pas la moindre nano particule d’idée de ce à quoi ressemble le monde de l’entreprise, la pratique quotidienne de gestes maintes fois répétés ou juste l’humiliation d’un poste dégradant dans le seul but de survivre dans cette société de consommation.
A cet âge, on ne voit le monde du travail qu’à travers le prisme du boulot occupé par les parents. Devons-nous suivre leurs traces ? Si oui, serons-nous à la hauteur de leurs espérances ? Et si on opte pour une voie « alternative », pourrons-nous assumer cette différence ?
Oui bah, je sais pas vous mais moi, les infos que j’avais pu trouver au Centre d’Information et d’Orientation ne m’ont jamais fait fantasmer. Comment s’imaginer dans un rôle qu’on ne connaît ni d’Eve ni d’Adam. Pourtant, on prend perpette ! Mieux vaut ne pas se louper car ré-apprendre un métier en cours de route est toujours une épreuve complexe et souvent au résultat incertain.
Ce n’est pas tout de savoir « faire quelque chose », il faut encore convaincre les autres qu’on le fait bien et qu’on mérite d’être rémunéré pour cela. Le fruit du travail est périssable. Il faut être efficace et rapide. On ne doit jamais oublier que l’on est pas irremplaçable. Chaque jour devient un sorte de challenge. Etre bon et le rester. Jusqu’au bout, jusqu’à la mise au placard ou au mieux à la retraite.
Bien sûr, je ne parle pas de quelques planqués qui n’auront jamais rien à prouver parce qu’ils ont trouvé une aubaine bien payée et sans siège éjectable. Certains fonctionnaires par exemple… mais je ne généralise pas, il y a aussi de gros glandeurs d’entreprise.
Je jalouse un peu ceux qui ont la chance de se lever chaque jour pour exercer le métier qu’ils aiment, s’adonner à leur passion. Quel bonheur ce doit être pour eux.
Sinon, pour le commun des mortels, on s’arrange, on temporise, on fait de notre mieux. On a un job, c’est déjà ça, plus ou moins « alimentaire » soit-il.
Mais franchement, on a tous une petite lumière qui brille derrière, dans nos petites têtes enclines à rêver, l’envie de se faire plaisir, d’exercer une activité bien différente de l’image lisse, bien pensante, tellement politiquement correcte. Sortir du moule ! Ah oui, le voilà le pied ultime ! Faire ce qui nous plait nom d’un petit bonhomme en mousse (ou nom d’un chien pour les moins aventureux).
Mine de rien, le blog, en plus d’être un grand défouloir, est aussi un excellent moyen pour essayer de faire partager à quelques unes de nos petites passions plus ou moins avouées. Soit nous estimons être des stars (encore méconnues mais en instance de devenirs "bankables" pour les torchons people), soit nous évoluons avec plus de modestie juste pour se faire plaisir, ce qui est déjà pas si mal.
J’aime bien ce principe de pouvoir appréhender un peu la face cachée des personnalités qui s’affichent. Le Net est comme un miroir grossissant sur certains talents (ou défauts parfois), c’est aussi le moyen d’apercevoir un autre aspect de l’âme humaine, par le petit bout de la lorgnette.
Bref, je ne vais pas tomber dans la psychologie de comptoir, mais ici, on se lâche, on s’en fout, on a rien à prouver à personne sinon à soi-même. Les autres (amis internautes lecteurs) accrochent, s’intéressent ou passent leur chemin.
Alors, si vous êtes curieux, par ce média quasi magique, vous en saurez plus sur l’autre et donc sur vous aussi, car la curiosité est source d’apprentissage si elle sert à autre chose qu’à mater dans la gamelle du voisin ou à trouver chez l’autre un défaut plus vil que les siens.
N’empêche que ça vous plait bien de jeter un coup d’œil par delà l’écran pour deviner ce qui s’y trame… On aurait pas tous un petit côté voyeur finalement ? Ou alors ça nous rassure, ça nous amuse, ça ouvre l’esprit sur d’autres points de vue, d’autres mode de vie.
Je ne sais pas encore très bien ce que je veux faire de ma vie, pour l’instant je poursuis un parcours un peu linéaire mais je sais que grâce au Web, j’accède à des rencontres et à un enrichissement que mon petit quotidien ne m’aurait jamais permis d’envisager. Jadoooooore Internet !
Sister « connected to the world outside ».