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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 23:25

L’histoire est toute fraîche, elle m’est arrivée ce midi. C’est dire à quel point je suis encore un peu sous le choc, mais rassurez-vous, c’est pour la bonne cause pour une fois.

 

Petit résumé des épisodes précédents déjà pour situer l’action, le contexte, puis le cœur de l’histoire, bref, ménager un peu le suspens.

 

Épisode 1 :

Avec ma collègue favorite, chaque midi à la cantoche, nous nous adonnons à notre sport préféré (après celui qui se passe à l’horizontale, mais là on pratique chacune de notre côté), à savoir : mater les mecs, commenter, classer. Bon, on s’est mis en mode binaire (donc blonde attitude) : y’a les « beaux gosses » et les autres. La coquine est une gourmande, elle a fait son choix et a jeté son dévolu sur celui que nous avons baptisé « cul plat » (on devinera aisément pourquoi) et « capuche » (fastoche aussi). Elle les aime plutôt velus et est accro aux yeux bleus, sauf que ces derniers ne répondent pas dans ce critère. Oh, vous connaissez l’adage : « le cœur a ses raisons, que la raison ignore ».

De mon côté, jusqu’à présent, sans dire qu’il n’y en avait pas de « correct » aucun n’avait retenu mon attention. Il faut dire qu’avec moi c’est ultra simple : le verdict est sans appel, c’est oui ou non, y’a pas de « peut-être » en la matière. Feeling total ou néant absolu, aucune demi-mesure.

Chaque repas était l’occasion pour elle de guetter ses préférés, mais je ne trouvais pas chaussure à mon pied et finissait par les observer sans trop de motivation, un peu blasée. Manque de relief, de piquant, pensais-je.

Sauf qu’un jour, oui un jour, dans la file d’attente… gloups ! Un coup de coude à la cops et je lui désigne discrètement un mec qui là, me tape totalement dans l’œil. Oui, bof, pas à son goût. Tant mieux, y’aura pas rivalité. Quoique je ne « chasse » pas au bureau, trop risqué.

D'ailleurs, ma théorie en la matière est : ni au travail, ni dans l’immeuble, ni avec des amis de la famille. Car ce sont à chaque fois des situations où la fuite n’est pas possible ou franchement compliquée. Trop de risques et pas d’échappatoires, à éviter absolument.

Revenons à nos moutons, ou plutôt à nos mâles favoris.

Ravie - et aussi quelque part rassurée - d’avoir « mis la main » (très virtuellement, ce qui est dommage d’ailleurs) sur un spécimen collant très bien à mes critères, je me suis mise à le chercher du regard dans la foule des affamés (n’en suis-je pas un peu une moi-même en la matière, je vous laisse seuls juges). Cela mettait un certain attrait à nos pauses déj’. Enfin une occasion de ne pas parler des problèmes du quotidien. Petite bouffée d’oxygène entre deux galères à résoudre.

 

Épisode 2 :

Un soir, la collègue partie en déplacement, je sors du bureau avec des chefs et une autre fille de l’équipe qui proposait de nous avancer en voiture jusqu’à la gare. En sortant, stupeur et tremblements ! Mon « chouchou » qui sortait aussi et prend la direction opposée (vers le poste de garde). Hum, charmante vision pour agrémenter ma soirée. Le temps que l’on fasse le tour du carrefour, je le vois réapparaître avec une petite valise. Il va aussi à la gare, mais nous sommes déjà 5 ans le monospace. J’ai des scrupules, mais ne peux rien changer, ce n’est pas mon véhicule.

On le retrouve en train d’acheter un billet transilien au distributeur. Arf, voilà qui gâche mon plaisir. Il y a fort à parier qu’il ne s’agissait que d’un consultant, un mec venu en formation ou autre mission ponctuelle et qu’il s’en retourne chez lui pour toujours. Déçue à mort, je suis.

Bon, je m’arrange pour monter dans le même wagon que lui, toujours avec les chefs qui racontent leur vie que je n’écoute pas, trop absorbée dans mes pensées. Apercevant sa nuque quelques rangées devant. J’imagine, j’échafaude, je fantasme un peu aussi.

Je descends à Auber… il continue. Ok, c’est clair, il va a gare de Lyon et repart pour la province, je ne le reverrai plus. Snif, tristesse, espoirs déchus… the story of my life

En effet, plus personne à la cantine les jours suivants. Je ne regarde même plus les autres. A quoi bon. Je dois tirer un trait sur celui que j’aurais aimé tirer tout court. Rhôô, oui, c’est pas très girly comme terme, mais les fesses sont là. Euh, les faits sont là. J’avais craqué sur lui. C’était furtif, ça restera virtuel.

 

Épisode 3 :

L’intérimaire me dit qu’il avait une allure de rugbyman avec de grosses cuisses moulées dans son pantalon. Ah bon ? Je n’avais pas fait attention, la seule fois où j’ai pu entrevoir cette partie de son anatomie, il portait justement un vêtement ample en lin mélangé vert kaki.

L’une des chefs (femme) avec qui j’avais voyagé dans le RER me dit qu’il est sûrement gay parce qu’elle est persuadée de l’avoir vu porter un pantalon trop féminin pour lui. Mais qu’est-ce qu’elles ont toutes à lui mater les guiboles comme ça ?!?!

Je ne tiens aucun compte de son argumentaire. Cette nana a un physique et une dégaine de camionneuse. De dos n’importe qui dirait que c’est un mec, alors ses allégations en matière de drague masculine ne me font ni chaud ni froid, ça ne vaut pas un pet de lapin.

Bref, entre propos étranges et entreprise de dévalorisation en règle, je les ignore et reste fixée sur mes propres images mentales.

Oui, c’est pathétique de se faire des films comme ça, en 5 minutes et de cultiver ensuite une sorte de nostalgie pour quelque chose qui n’est pas arrivé, un non-événement. Tant pis, c’est ainsi que je fonctionne, je ne vais pas me rebooter ou me reformater à mon âge. J’apprends à vivre avec, c’est aussi ça l’acceptation, l’accord avec soi-même.

 

  P1080566 bis

 

Épisode 4 :

Ce midi, lundi pluvieux, direction le self. On papote de tout et de rien avec ma pote polonaise et son binôme de taf (un gars bien : discret, gentil, efficace, marié). Je suis tournée vers eux dans la file d’attente, voyant les salariés venir grossir le rang et là, d’un coup, il apparaît bronzé, souriant (la version Ultra Bright, si si, le truc de ouf qu’on ne voit que dans les James Bond) et là je pique un fard comme jamais ! Je suis devenue pivoine ou livide, je n’en sais rien, mais il est clair que j’ai changé de couleur. Mes collègues se sont immédiatement retournés vers lui, croyant que j’avais eu une apparition ou autre truc louche.

Sans bluffer, mon cœur s’est immédiatement mis à tambouriner de façon anarchique, irraisonnée. Je crois que j’aurais été plus placide si on m’avait annoncé que j’avais gagné au Loto ou qu’un admirateur anonyme avait remplacé ma Corsa par une Aston Martin DBS. Clair, je suis littéralement tombée de l’armoire. Je ne m’attendais tellement pas à le voir là, surtout presque face à moi, splendide, appétissant, renversant.

Moi qui aime garder le contrôle en toutes circonstances, là j’avoue avoir été totalement prise de cours, déstabilisée, soufflée.

 

Épisode 5 :

De façon à peine calculée, nous nous sommes arrangés pour quitter les lieux en même temps que lui et là, dehors, il tombe des hallebardes, le genre de très grosse averse qui passe, mais ne dure pas. Nous sommes donc restés quelques minutes sous le porche à attendre que le vilain nuage passe son chemin.

Il était à quelques mètres de moi, chaleur !… D'ailleurs, j’ai filé ma veste à ma collègue qui avait froid alors que j’avais l’impression d’être en ébullition. Caliente !

Heureusement qu’il y avait l’air frais de cette pluie bienfaitrice, sinon j’aurais risqué la syncope.

Comment dire… que ce soit ses cuisses, sa tenue, son regard pétillant, tout tout tout me va. Faut rien changer là. Je garde l’intégrale en l’état.

Il parlait avec d’autres de son service, je sais maintenant (de ce que j’ai pu capter tout en continuant à papoter avec ma cops’) qu’il s’appelle Thomas et qu’il était en déplacement en province (et non l’inverse de ce que j’avais imaginé).

Il y a une sorte de douceur, de confiance sans arrogance qui se dégage de lui, un côté affirmé, mais sur la réserve, un genre de sagesse délicate dans une enveloppe virile. Je n’arrive pas vraiment à expliquer le truc. C’est une forme de charisme qui me chamboule.

 

Durant l’après-midi, j’ai eu bien du mal à me concentrer sur mon boulot, mais bon, je suis consciencieuse, alors j’ai pris sur moi.

En revanche, en sortant, j’avais encore des étoiles plein les yeux. Je me suis rendue compte que je bloquais sur une page de mon bouquin, mes yeux ont parcouru les lignes, mais le cerveau n’enregistrait rien, trop occupé qu’il était à refaire tourner le film de ces instants volés.

 

C’est bizarre quand même. J’ai affronté des humiliations, des agressions et autres joyeusetés de la vie avec plus de dignité et sans sourciller alors que là, j’étais tremblante comme une midinette.

Il est clair que les rencontres programmées, décalées, déjantées ou décomplexées, je gère sans problème. Mais ce cas de figure, que dalle ! Pas vu venir celle-là. Drôle de situation. Étrange réaction de ma part.

 

Inutile de vous dire que j’ai furieusement hâte d’être à demain… je sens que mes jambes risquent de flageoler un brin si je le croise de nouveau. Mais quelle satisfaction pour les neurones. Qui sait, un jour peut-être, j’oserai…

 

Sister « charmed as never »

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commentaires

mario65 27/06/2010 19:19



C'est pas vrai , vous êtes de grands malades , faut vous faire soigner , il y à des truc plus sympas dans la vie que les examens médicaux



Sister of Night 16/07/2010 00:55



Oh ! Mais ça c'est parce que tu n'es pas joueur ! C'est quand même vachement plus attractif de guetter le déplacement d'une sonde munie d'une micro-caméra dans un
boyau ou un organe, qu'un ballet contemporain à la téloche. Au moins y'a du suspens, des paysages merveilleux, c'est plein de couleurs, de textures, nan vraiment, c'est fun.



Shadok 24/06/2010 00:49



Ah, ça, une (recto|colono)scopie en live sur youtube -- le nom s'y ptrête bien, en plus --, j'y aurais pas pensé tout seul : un must. Reste plus qu'à trouver la bonne ambiance sonore ! En tous
cas, merci pour l'idée !


Ceci dit, je dois bien avoir une vieille gastroscopie, faute de mieux, qui traine sur un CD : j'vas chercher ça. Et si t'as une idée pour la bande son, je suis preneur. Et tu seras citée au
générique, n'aie crainte ;)



Sister of Night 15/07/2010 12:09



C'est vrai, on ne s'en lasse pas. J'aime bien aussi les opérations à coeur ouvert parce qu'il y a du mouvement, ça manque pas de rythme.


Pour l'ambiance musicale de la coloscopie (et consors), je serais tentée par "Allez plus haut" ou "Un peu plus près des étoiles", "Highway to hell", etc.


On sait s'amuser dans le corps médical, j'vous l'dis, ça déconne à plein tube des fois chez les blouses blanches.



Shadok 23/06/2010 19:04



Tu crois qu'il y aurait de quoi faire un portrait-robot en plan américain en recollant les morceaux ?


Ça frise l'exhibitionnisme, ça ;);)



Sister of Night 24/06/2010 00:12



Oui, je pense que c'est jouable. Cela ferait un peu un portrait digne de Dali ou autre, mais ce serait amusant en effet.


Non, l'exhibitionnisme, ce serait de montrer tout, sans ménagement, presque de façon chirurgicale. Ah oui, c'est une idée ça d'ailleurs !... bon, j'ai pas d'image
médicale d'un joli transit du grèle ou d'une laryngoscopie, mais il faudrait que j'y pense, ça complèterait bien le tableau.



mario65 21/06/2010 08:21



Ok , je m'explique , nous avons dèja eu droit , à tes mimines dans la farine, récenment tu expose ton tendre cou et hum hum ta blanche et prometteuse gorge quoique mal cadrée au dire d'un certain
Shadock ,et bien il nous manque une vue de dos de ta personne ;de plus je ne me moque pas quand à ta pigmentation et ton manque de mélanine , loin de moi cette idée , pour ce qui est du soleil et
bien moi non plus il m'aime pas trop et je lui doit quelques bonnes insolations et autres joyeusetés



Sister of Night 23/06/2010 00:28



Donc il ne me reste plus qu'à trouver le moyen - pour le moins acrobatique - de prendre un cliché de mon postérieur pour combler les attentes de la gent masculine
qui vient se perdre ici. Hum, bah c'est pas gagné. Sinon y'a mes pieds, mon oreille, ma bouche, mes yeux,mes mollets et d'autres bidules qui trainent sur les anciennes pages.



mario65 19/06/2010 17:12



C'est pour quand la photo , de dos pour la gorge laiteuse c'est juste une métaphore , quantd à sa consistance et sa
couleur d'albatre 



Sister of Night 21/06/2010 00:05



Une photo de dos ? Hum, pas bien pigé là...


Je te sens moqueur envers mon teint de quasi normande banlieusarde qui voit pas trop le soleil. En fait, j'adore l'astre solaire, mais il ne me le rend pas comme je
l'entends et transforme illico mon épiderme en balise rougeoyante digne d'un d'un homard breton prenant son bain dans le bouillon à bulle qui le mènera à la sauce mayonnaise.



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