Sur le grill : coups de gueule

Mercredi 20 avril 2011 3 20 /04 /Avr /2011 23:52

Hé oui, c’est le printemps, la nature explose de couleurs flamboyantes, de bourgeons dodus, de parfums enivrants et de pollens divers et variés. Perso, je ne suis absolument pas sensible à ce que certains jugent comme la onzième plaie d’Égypte ou le treizième travail d’Hercule, nan, j’aime le printemps et ce genre de manifestation asthmatique ne me cause aucun trouble. En revanche, ce qu’on oublie de signaler, ce qui pour moi bouleverse mon quotidien et m’oblige à un investissement conséquent en mouchoirs en papier et autre duo aspirine / vitamine C, ce dommage collatéral qui me pourrit la vie chaque année, c’est : la clim’ !


Oui, dès que l’équation terrible se présente : premiers rayons de soleil + température dépassant 21 degrés, alors immanquablement, les intégristes du ventilo reprennent leur bâton de pèlerin et appuient fébrilement sur le « bouton maudit » !

 

Ce matin, je me pointe au boulot tranquille, la gueule enfarinée, il fait beau, c’est calme, tout roule. Je bosse dans mon coin de l’open space, la moitié du staff est en vacances de Pâques, c’est peinard. Malheureusement, sans crier gare (ni station, ni halte, ni autre), je sens un air glacial me parcourir l’échine. Oh misère ! J’enfile un petit gilet pour pallier à ce coup de froid subit, mais trop tard, j’éternue, une fois, deux fois, trois fois… C’est le signal, j’ai attrapé un rhume, c’est inévitable.

Quelques instants après, j’apprends que la clim’ a été enclenchée par quelqu’un qui ne se dénoncera pas. Sauf que moi, je suis allergique cette ventilation merdique, je hais ces combattants du « degré de trop », ces grands malades de l’uniformisation des saisons par l’usage d’appareillages à la con.

Nan mais c’est quoi ce délire ? Y’a des troupeaux de débiles qui ne peuvent pas supporter d’avoir un rayon de soleil qui leur réchauffe doucement la couenne ? Ces tarés anticipent l’éventualité d’une hausse de la température dans leur espace vital… je suis atterrée.

 

Le climatiseur, c’est un vrai nid à bactéries. Ce système de refroidissement fonctionne avec de l’eau, qui stagne sagement pendant l’hiver et a tout le temps de croupir et se charger en microbes de tous poils. Une fois qu’on relance la machine aux premières chaleurs, la nébulisation de cette flotte se répand immédiatement dans l’atmosphère et va infecter les voies pulmonaires des plus sensibles, dont je suis, pour ce cas.

 

Le climatiseur, c’est le mouvement perpétuel de la connerie humaine à portée de main. Parce qu’en plus de nous contaminer les bronches, ça flingue aussi la couche d’ozone.  Ca bouffe de l’électricité, alors on consomme plus, faut produire davantage d’énergie et ça engendre de la pollution qui change la météo et relance des tas de gaz à effet de serre qui réchauffent le climat.

La boucle est bouclée, le cercle vicieux est enclenché et on l’a dans l’os !

C'est une pure hérésie qu’il faudrait interdire et ne réserver qu’aux populations vraiment fragiles et sous réserve d'avoir fait la vidange et le contrôle technique de l'engin avant usage.

 

 Le climatiseur, c’est ma bête noire, ma hantise, mon fléau. Tous les ans ça me file une crève qui dure entre 10 jours et 3 semaines. Impossible d’y échapper, alors une fois encore, il faut que je porte ma croix sur l’autel du sacro-saint thermostat constant.

J’te l’foutrais au cul moi l’ventilo d’mes deux !

 

Voilà, maintenant j’ai l’impression d’avoir le nez qui fuit comme un vieux robinet dont le joint aurait lâché. Le mal de crâne en prime, le pif en choux-fleur et la voix de Donald Duck. J’ai une furieuse envie de me siffler un grog géant, mais pas moyen sinon demain j’aurais en plus les yeux de Borloo et ça, quand même, ça peut faire peur, donc je vais m’abstenir de noircir le tableau.

 

Si je chope la pétasse - ou le crétin - qui a appuyé sur le bouton « on »…

 

« Aux quatres coins de Paris qu'on va le retrouver, éparpillé par petits bouts, façon puzzle. Moi quand on m’en fait trop j’correctionne plus, j’dynamite… j’disperse… et j’ventile… »

 

Sister « Aaaaaaaaatchouuuuum ! »


 

Chronique 20042011 Chronique 20042011

Par Sister of Night - Publié dans : Sur le grill : coups de gueule
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Mardi 1 mars 2011 2 01 /03 /Mars /2011 00:55

 

Vous allez penser que je suis franchement mytho à tendance parano, pourtant je vous assure que tout ce qui suit est vrai de bout en bout. Même les photos ne sont pas truquées (d’ailleurs, je n’en ai pas le talent).

 

Si vous avez un peu suivi les épisodes précédents, je passe d’un employeur à un autre avec la dextérité d’un mouflon sur une paroi rocheuse et j’ai désormais plus l’impression de courir les castings que d’avoir de réels entretiens d’embauche. Je leur donne la réplique sans difficulté, étant rodée à leurs questions.

 

Du coup, en décembre, j’ai repris le collier chez un nouveau boss… enfin plutôt une nouvelle machine à broyer l’Humain, car si le job reste similaire d’une « crèmerie » à l’autre, les méthodes de destruction de personnalités diffèrent un peu selon les protagonistes, avec le même résultat final : la rupture.

Je le sais, seules changent les méthodes et les personnes qui les appliquent.

 

En la matière, je suis au regret de constater que j’ai trouvé un autre dénominateur commun à mes différents postes : il y a trop souvent un boulet ingérable. Il est vrai que ce genre de nuisible semble infiltré partout et il n’existe pas de moyen de les éliminer.

Impossible de savoir comment ces « cafards d’entreprises » arrivent à faire leur trou de façon aussi efficace, mais ils sont pugnaces, retors et pourris jusqu’à la moelle. Par le jeu de relations, d’alliances, d’ancienneté ou d’as dans leur manche, ils restent en place et font régner un régime de terreur à leur entourage professionnel ou leur compliquent singulièrement le quotidien.

 

La dernière fois, j’ai eu l’occasion de me faire vriller les tympans pendant 10 mois par « Miss Décibels » et voilà que je tombe sur une autre « collègue » pas piquée des vers, dans le genre « pénible qui braille ». Je vais vous dresser le portrait de celle qui arrive à flinguer l’ambiance de tout un open space (oui, encore un, c’est la mode d’entasser les travailleurs, crise du logement oblige).

 

Elle est plutôt grande et affublée d’une « coiffure Playmobil » qui rendrait celle de Mireille Mathieu carrément tendance, tant ça lui fait un casque capillaire immonde sur le crâne. Couleur de cheveux improbable et faites à la maison, à la truelle visiblement.

Touche mode des années 80, elle porte de grosses lunettes en plastique avec des strass sur les côtés et dont le haut du verre est teinté bleu, comme celles de Michou. Trop lourdes, elles glissent immanquablement sur son nez pointu. Du coup, lorsqu’elle relève la tête, elle doit la pencher en arrière pour que les yeux visent les carreaux, avec la bouche entrouverte et un air niais. So glamourous. Son regard de merlan frit oscille entre le dessus de la monture et la partie bleutée, par cette façon de relever le menton exagérément.

Pour ne rien arranger, elle se maquille à outrance, surtout le rouge à lèvres qu’elle étale bien au-delà du contour naturel… surement pour se la jouer « bouche sensuelle », sauf qu’à part pour Robert Smith, sinon ce style n’a jamais convenu à personne. Le pire étant qu’elle se vante d’avoir pris des cours chez une esthéticienne ! Ca devait être la maquilleuse de la mère de Sylvester Stallone (ci-dessous)… Je ne vois pas d’autre explication.

 

Capture Jackie Stallone bis

Le tableau ne serait pas complet si je n’évoquais pas ce qui fait sa « special touch » : ses fringues. Perso, je ne prête jamais attention à ce genre de chose, n’étant pas du tout une « fashion victim », mais là, elles sont d’un autre âge. Elle veut se donner un look de « Marie-Chantal » (version Prisunic parce qu’elle est furieusement radine) en pseudo tweed (100% acrylique) et imprimés que ma grand-mère n’oserait pas porter tellement ça pique les yeux. Petit bonus sonore, elle porte des chaussures qui grincent et couinent à chaque pas. Agaçant.

Le mieux étant la preuve en image, je vous laisse seul juge de la chose. Veillez quand même à écarter les enfants, ça pourrait les choquer à vie et les inviter à devenir des punks à chiens en guise de rébellion à ce non-style vestimentaire.

 

Mes-images-2011 1109

 

Bon, convenons-en, cette apparence un brin repoussante reste vivable si on pense à s’équiper discrètement d’un sac à vomi ou qu’on ne relève pas du tout la tête dans sa direction. Mais, vous me connaissez, j’ai gardé le meilleur pour la fin, histoire de vous en rajouter une bonne couche et de gratiner le tout.

 

Sa particularité est surtout de râler non-stop. Pour un oui, pour un non, surtout pour rien d’ailleurs. Sauf qu’elle ne fait pas que grommeler dans son coin, non, elle hurle et jure comme un charretier ! C’est immonde ! Insupportable !

Si son téléphone a le malheur de sonner, c’est le festival !

« Ah putain ! Mais ils ne vont pas me lâcher aujourd’hui ! Oh il me pète les couilles celui-là ! Qu’est-ce qu’il veut cet emmerdeur ?! Ils commencent tous à mes les casser, ces connards ! ».

Pour information, parmi cette « équipe » de 3 filles, le mot le plus prononcé dans une journée, était sans conteste : « putaiiiiiiiiiiiin !!!! ». Sympa l’ambiance pour les autres.

 

Au secours ! Sortez-moi de là ! Avec ses airs de da-dame catho-tradi, elle profère des horreurs à longueur de journée.

Un jour, elle va oublier de mettre son téléphone sur « silence » et le client va avoir le droit à sa bordée de jurons en direct. Va y avoir du sport !

J’en suis venue à me demander si elle n’était pas atteinte du syndrome « Gilles de la Tourette »… Bah non, même pas, elle est comme ça au naturel. Ce qui nuit gravement à la capacité de concentration de toute personne aux alentours.

 

Pour compléter le tableau, vous vous doutez bien qu’avec un énergumène pareil, il fallait des habitudes à l’avenant, ce qui ne manque pas.

Par exemple, elle mange à midi pile et gare à celui qui viendrait à la déranger à 11h58, il se ferait vertement envoyer sur les roses, avec quelques noms d’oiseau en prime. De plus, elle n’aime rien et ne déjeune jamais avec les collègues à l’extérieur, uniquement face à sa gamelle « faite maison » sur un coin de son bureau pour faire style elle ne prend pas de pause repas. En fait, elle glandouille sur Internet, mais ça suffit à bluffer la direction qui la croit super impliquée dans son travail. Manque de bol, elle ne sait pas cuisiner et ce qu’elle se prépare sent affreusement mauvais et transforme le bureau en réfectoire aux vapeurs de R.U. Sérieusement, parfois, son assiette sentait la bouffe pour chien ! Pas facile de continuer à bosser avec ces odeurs âcres dans les narines.

 

Histoire d’achever le portrait, elle est irrespectueuse avec tout le monde, vocifère des critiques sur chacun, se mêle des conversations en permanence, est totalement laxiste et bâcle les tâches qui lui sont assignées. Bref, une plaie, une chieuse, une insupportable présence à se fader 8 à 10 heures par jour. L’enfer.

 

Maintenant, imaginez le cumul du tout : sapée comme les Vamps, une tête ahurie et peinturlurée, balançant des injures à tout va, mangeant son assiette puante en venant ajouter son grain de sel dans des discutions qui ne la concernent pas… L’enfer, je vous dis !

 

 

Sister « courage… fuyons ! »

 

 

 

Pour la première fois, cet article est disponible en version audio, j'espère que cela fonctionnera bien et vous apportera un petit supplément d'âme d'avoir ce "bonus track".

 

Chronique 01032011 Chronique 01032011  

Par Sister of Night - Publié dans : Sur le grill : coups de gueule
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Dimanche 13 février 2011 7 13 /02 /Fév /2011 19:03

Il y a longtemps que cela me titille et j’avais déjà évoqué ici mon aversion pour les gens qui s’obstinent à mettre les « soldes » au féminin. Lorsque l’on parle de celle du soldat, OK, mais pour la frénésie consumériste semestrielle, c’est masculin ! Un point c’est tout. Aussi grotesque que cela puisse sembler, puisque s’il y a bien un truc typiquement pour les nanas, c’est bien les soldes. D’un autre côté, « roubignole », « prostate », « érection » sont aussi de caractère féminin, ce qui doit sacrément étonner les étrangers qui apprennent notre belle langue. Petite info bonus, il existe près de 200 synonymes au mot « pénis », ça fait rêver, non ?

 

Ce qui m’amène à ce billet d’humeur, c’est la goutte d’eau lexicale qui fait déborder le vase de ma patience. Vous l’avez forcément entendu dans les médias ou au détour d’une conversation. Celui qui me tape sur les nerfs par-dessus tout, c’est le mot : « sécure ».

Nan mais franchement, il faut arrêter avec cet « adjectif » que les gens collent partout et qui ne veut rien dire. Si l’on veut absolument utiliser ce terme anglais, on vire l’accent et on le prononce « sikioure », mais chez nous, c’est du grand n’import’ nawak ! À moins de vouloir se la jouer comme JCVD qui est « aware » ce qui est sa marque de fabrique.

Surtout, pourquoi foutre un mot bouffon là où il en existe d’autres qui fonctionnent très bien ? Si je vous dis : « sécurisé » et surtout : « sûr », ça vous parle, non ?

Mais il faut croire qu’il est tendance, alors tout le monde l’utilise à tout bout de champ, à toutes les sauces, pour se donner un genre qu’ils n’ont pas. Bref, c’est pitoyable.

La langue française est tellement riche, pas la peine d’aller la polluer avec des gadgets linguistiques à la noix qui ne lui apportent rien.

 

D’autres exemples similaires me reviendront probablement à l’esprit, je ne manquerai pas de vous en faire part et si vous aussi, vous recensez des aberrations du même genre qui vous prennent le chou, n’hésitez pas à m’en faire part en commentaire, c’est toujours intéressant et ça réveille les neurones assoupis par le week-end.

 


Sister « qui n’en a cure de sécure »

Par Sister of Night - Publié dans : Sur le grill : coups de gueule
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