A méditer... ou pas

"L’amour... il y a ceux qui en parlent et il y a ceux qui le font.
À partir de quoi il m’apparaît urgent de me taire"

Pierre DESPROGES
Dimanche 15 mai 2011 7 15 /05 /Mai /2011 23:52

Et vlan ! Prends ça dans ta face, toi pauvre petite naïve ridicule qui ose encore penser que le monde n’est pas si moche et les gens pas si pourris. Oui, tu l’as bien mérité, c’est bien fait pour ta gueule, on t’avait pourtant dit de te méfier, d’arrêter de vouloir saisir une part de bonheur qu’on te tend, c’est juste un piège, un de plus. Toujours cet éternel miroir aux alouettes.

 

Mais tout était là, les ingrédients parfaits, une entente impeccable sur tous les plans, une osmose comme jamais, un truc tellement rare qu’on se pince pour y croire. Ça semble tellement réel, tellement possible… Au début, je me suis méfiée, en me disant que c’était trop beau pour être honnête, qu’il ne fallait pas se monter le bourrichon. Puis, la confiance aidant, la relation s’installant, j’ai peu à peu fait tomber l’armure… Au fond de moi, je voulais y croire aussi, me dire que s’il n’y a rien de sûr, il y a déjà un peut-être… Foutaises !!! Ah tu as laissé transparaître un peu de ta fragilité, petite blonde insignifiante dans ce monde de brutes, paf ! Tu l’as bien mérité, on ne baisse pas la garde, jamais ! Tu le savais, ça fait des années que tu dégustes, que tu te protèges, que tu crois te préserver des mauvaises rencontres, mais le diable est perfide et a pris une apparence angélique pour mieux te croquer.

Tu avais accordé ta confiance, ce sentiment qui se distille encore plus parcimonieusement que des « je t’aime » et te voilà qui dégringole.

 

Chacune de nos rencontres était comme un élan vers le firmament de la complicité. Sa simple proximité m’apportait une paix intérieure et un bien-être incroyable. Je volais vers lui avec la légèreté d’une promesse de sérénité parfaite, d’un pas plein d’allégresse et empli de joie. J’aurais pu abattre des montagnes pour « avoir ma dose ». C’était tellement génial, incomparable, puissant !

Quand on atteint le 7e ciel, on n’a qu’une envie, recommencer, s’étourdir de bonheur, planer et devenir une sorte de pur esprit gorgé d’une plénitude rare.

 

Aucun nuage à l’horizon, rien qui ne puisse venir mettre d’ombre au tableau. Juste un manque de temps pour s’apprivoiser totalement, pour oser franchir la terrible barrière du quotidien, car on sait bien qu’il s’agit d’un poison qui ronge les sentiments et les pulsions aussi sûrement que les embruns salés arrivent à grignoter le métal le plus dur.

 

Rien en vue, temps clair, mer calme. Le temps est suspendu, il n’altère rien, on reprend à chaque fois là où on avait arrêté et, comme un planeur profite des courants ascendants, la qualité de notre relation grimpe d’un cran à chaque rencontre. Comment imaginer quoi que ce soit de négatif quand tous les voyants sont au vert ? C’était inutile, stupide même. Pas la peine de se pourrir la vie avec des hypothèses de nuage noir ou de gros temps quand tout s’annonce sous les meilleurs auspices.

 

Et j’entends déjà la voix off : « Mais tu vas la fermer ta g… !!! Tu ressasses encore des relents de vie idyllique alors que tu viens de te faire jeter comme une merde ! Tu es totalement maso ! »

Oui, j’ai l’impression d’avoir sauté en parachute avec lui, tout planait tranquillement, c’était agréable, super grisant, la grande classe et là, sans raison apparente, sans motif, sans autre  forme de procès, il a coupé toutes les suspentes d’un coup net sur le Net. Je me suis vue m’écraser lourdement, sans un mot, sans explication. Aspirée par ce trou d’air, j’en ai le souffle coupé, je suis au fond du gouffre, bonne à ramasser à la petite cuillère, hors service, foutue. Moral en miette, j’ai l’impression que tout s’est encore écroulé autour de moi, j’avance comme un zombie au milieu de ma vie. Le choc vient de se produire alors j’écris pour tenter d’exorciser. Espérant que les mots vont me donner une explication à défaut d’une solution. C’est désespérant, car rien ne vient d’autre qu’une nostalgie sourde d’un passé si récent et trop présent désormais. Tel un boxeur, je suis sonnée, sur le flanc, déconnectée.

 

« The story of my life ». Toujours la même histoire, je me fais des films, je veux y croire, je baisse ma garde et bing ! Un gros uppercut dans ma tronche. KO debout.

 

Maintenant, je finis par comprendre les gens qui choisissent de « fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve ». Oui, après tout, on ne risque pas de se brûler tant qu’on ne s’approche pas de la flamme. Sauf que moi j’ai besoin d’être réchauffée, d’y croire, de partager autre chose que des banalités quotidiennes. J’ai l’impression d’être dans un semi-coma, de gâcher ma vie en perdant ces instants précieux qui ne se représenteront plus.

 

Hasard ou coïncidence, j’ai eu besoin d’écouter Air « Pocket Symphony » pour écrire ces quelques lignes. Et en constatant que oui, j’avais besoin d’Air et d’air. J’ai l’impression d’étouffer sous mes pensées qui se bousculent, je me sens assaillie d’idées sombres, de sentiments de trahison, d’une forme de culpabilité ridicule envers moi-même, un besoin de fuir ça et tout le reste. L’horreur d’avoir voulu y croire, encore. Mais je suis à terre, plus bas que terre en fait, en dessous de tout, détruite.

Je suis un ectoplasme. Dégoûtée, écoeurée, vidée.

La vie est cruelle, elle n’épargne pas les fragiles.

 

Plus la drogue est forte, plus le manque est douloureux, plus on morfle.

 


Sister « very very bad trip »


 

Chronique 15052011 Chronique 15052011

Par Sister of Night - Publié dans : Liste des ingrédients : poisons divers
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Mercredi 20 avril 2011 3 20 /04 /Avr /2011 23:52

Hé oui, c’est le printemps, la nature explose de couleurs flamboyantes, de bourgeons dodus, de parfums enivrants et de pollens divers et variés. Perso, je ne suis absolument pas sensible à ce que certains jugent comme la onzième plaie d’Égypte ou le treizième travail d’Hercule, nan, j’aime le printemps et ce genre de manifestation asthmatique ne me cause aucun trouble. En revanche, ce qu’on oublie de signaler, ce qui pour moi bouleverse mon quotidien et m’oblige à un investissement conséquent en mouchoirs en papier et autre duo aspirine / vitamine C, ce dommage collatéral qui me pourrit la vie chaque année, c’est : la clim’ !


Oui, dès que l’équation terrible se présente : premiers rayons de soleil + température dépassant 21 degrés, alors immanquablement, les intégristes du ventilo reprennent leur bâton de pèlerin et appuient fébrilement sur le « bouton maudit » !

 

Ce matin, je me pointe au boulot tranquille, la gueule enfarinée, il fait beau, c’est calme, tout roule. Je bosse dans mon coin de l’open space, la moitié du staff est en vacances de Pâques, c’est peinard. Malheureusement, sans crier gare (ni station, ni halte, ni autre), je sens un air glacial me parcourir l’échine. Oh misère ! J’enfile un petit gilet pour pallier à ce coup de froid subit, mais trop tard, j’éternue, une fois, deux fois, trois fois… C’est le signal, j’ai attrapé un rhume, c’est inévitable.

Quelques instants après, j’apprends que la clim’ a été enclenchée par quelqu’un qui ne se dénoncera pas. Sauf que moi, je suis allergique cette ventilation merdique, je hais ces combattants du « degré de trop », ces grands malades de l’uniformisation des saisons par l’usage d’appareillages à la con.

Nan mais c’est quoi ce délire ? Y’a des troupeaux de débiles qui ne peuvent pas supporter d’avoir un rayon de soleil qui leur réchauffe doucement la couenne ? Ces tarés anticipent l’éventualité d’une hausse de la température dans leur espace vital… je suis atterrée.

 

Le climatiseur, c’est un vrai nid à bactéries. Ce système de refroidissement fonctionne avec de l’eau, qui stagne sagement pendant l’hiver et a tout le temps de croupir et se charger en microbes de tous poils. Une fois qu’on relance la machine aux premières chaleurs, la nébulisation de cette flotte se répand immédiatement dans l’atmosphère et va infecter les voies pulmonaires des plus sensibles, dont je suis, pour ce cas.

 

Le climatiseur, c’est le mouvement perpétuel de la connerie humaine à portée de main. Parce qu’en plus de nous contaminer les bronches, ça flingue aussi la couche d’ozone.  Ca bouffe de l’électricité, alors on consomme plus, faut produire davantage d’énergie et ça engendre de la pollution qui change la météo et relance des tas de gaz à effet de serre qui réchauffent le climat.

La boucle est bouclée, le cercle vicieux est enclenché et on l’a dans l’os !

C'est une pure hérésie qu’il faudrait interdire et ne réserver qu’aux populations vraiment fragiles et sous réserve d'avoir fait la vidange et le contrôle technique de l'engin avant usage.

 

 Le climatiseur, c’est ma bête noire, ma hantise, mon fléau. Tous les ans ça me file une crève qui dure entre 10 jours et 3 semaines. Impossible d’y échapper, alors une fois encore, il faut que je porte ma croix sur l’autel du sacro-saint thermostat constant.

J’te l’foutrais au cul moi l’ventilo d’mes deux !

 

Voilà, maintenant j’ai l’impression d’avoir le nez qui fuit comme un vieux robinet dont le joint aurait lâché. Le mal de crâne en prime, le pif en choux-fleur et la voix de Donald Duck. J’ai une furieuse envie de me siffler un grog géant, mais pas moyen sinon demain j’aurais en plus les yeux de Borloo et ça, quand même, ça peut faire peur, donc je vais m’abstenir de noircir le tableau.

 

Si je chope la pétasse - ou le crétin - qui a appuyé sur le bouton « on »…

 

« Aux quatres coins de Paris qu'on va le retrouver, éparpillé par petits bouts, façon puzzle. Moi quand on m’en fait trop j’correctionne plus, j’dynamite… j’disperse… et j’ventile… »

 

Sister « Aaaaaaaaatchouuuuum ! »


 

Chronique 20042011 Chronique 20042011

Par Sister of Night - Publié dans : Sur le grill : coups de gueule
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Mercredi 13 avril 2011 3 13 /04 /Avr /2011 20:26

La vie nous joue parfois de drôles de petits tours pendables et il est surprenant de voir à quel point cela influence notre existence.


Personnellement, je n’ai pas tout à fait compris cette notion abstraite (pour ne pas dire absconse) autant qu’étrange qu’est le « lâcher-prise ». Pour moi, cela figure plutôt quelqu’un qui s’accroche à son rêve, à son projet ou à ses ambitions et à qui on demande de laisser tomber, d’abandonner. Genre : « tu oublies tout ça et tu passes à autre chose, hein ? ».

Qui n’a pas déjà entendu un autre lui dire : « le grand amour ? Oh tu le trouveras quand tu ne t’y attendras pas, ça vient tout seul ces trucs là ». Sauf que lorsqu’on est célibataire, on a beau faire semblant ou se dire que bon, ok, on va faire comme si de rien n’était… Mais, dès que se pointe un mâle (parce que je suis une irréductible hétéro) correspondant aux critères qu’on apprécie et qui se trouve à passer dans notre champ de vision, on n’arrive plus du tout à « lâcher prise » et direct on l’envisage comme « proie » potentielle ou un candidat à la candidature de l’élu de notre cœur au suffrage universel de notre libido.

Il ne faut pas se leurrer, c’est comme cela pour tout. Sinon les gens ne joueraient pas au Loto, ne plaqueraient pas famille et patrie pour une vie meilleure, s’ils n’avaient pas la furieuse envie de décrocher le pactole ou de vivre leur rêve.

Du coup, je ne sais pas trop à quel moment il nous tombe dessus ce fameux « coup du sort positif » qui doit se pointer au moment où on s’y attend le moins.

 

L’autre soir, j’ai eu un début de réponse, du moins me semble-t-il, moi qui ne suis pas abonnée à Psychologie Magazine et consorts. Alors que nous nous baladions nuitamment à Paname avec un ami, après un bon resto, en plein milieu de notre discussion, un mot me manque, je le lui décris donc sommairement, histoire de me faire comprendre : « Mais si, c’est le moyen de situer un endroit précis à partir de trois points de repère, où qu’ils soient », « c’est pareil avec les antennes relais des téléphones mobiles ». Bref, l’adjectif m’échappe et impossible de remettre la main dessus. Pourtant, mon cerveau le connait, il l’a juste mal rangé ou s’embrouille et n’arrive pas à le retrouver au moment opportun. J’ajoute alors : « Bof, ce n’est pas grave, ça me reviendra lorsque je ne m’y attendrais pas, ou en faisant quelque chose qui n’a aucun rapport ». Je parie que cela vous est arrivé également, ça doit être un classique du genre, car effectivement, 2 heures plus tard, à peine rentrée chez moi et pendant que je me lavais les dents, voilà que le mot se pointe sans crier gare : « tri-an-gu-la-tion ». Mais oui, mais c’est bien sûr ! Je l’avais sur le bout de la langue tout à l’heure !

Je ne sais pas si cela vient d’un problème de neurones qui glandouillent en route et arrivent bien après la bataille, mais cet état de fait n’a rien d’exceptionnel. Et non, ne commencez pas à me dire que je gatouille ou qu’Alzheimer me gagne, c’est même pas vrai !

 

Du coup, je me demande si ce ne serait pas cela le principe du « lâcher-prise », une sorte de partie de cache-cache avec le destin. Si on n’arrive pas à trouver la personne qui se planque, le plus simple est de faire comme si on n’avait arrêté la partie et de guerre lasse, l’autre joueur finit par sortir de sa cachette de lui-même.

 

Les matous font un peu pareil avec les souris, ils leur donnent des petits coups de patte, jouent avec, font semblant de laisser partir la bestiole en tournant la tête en faisant mine de regarder ailleurs pendant que le rongeur détale, mais pas bien loin, car le greffier lui fonce dessus illico et sans ménagement.

 

Donc, pour provoquer le sort, il faudrait détourner notre attention de l’objectif, se focaliser sur autre chose ou laisser vagabonder ses idées loin du but qu’on cherche à atteindre. Et comme un petit garçon vexé parce qu’on ne joue plus avec lui, la chance reviendrait toquer à notre porte avec quelques offrandes (réussite, succès, etc.) pour susciter de nouveau notre intérêt. Je reste sceptique…

Je tenterais bien ma chance à ce jeu du « je t’aime moi non plus », mais je ne vois pas trop comment il faut s’y prendre et encore moins comment chasser ces idées récurrentes de mon imagination qui mouline de suite des histoires et des hypothèses à partir du moindre petit grain à moudre.

 

Oui, la vie est étrange et notre destin bien capricieux. Je continue à trouver cela troublant. Il ne me reste plus qu’à en faire l’expérience « en vrai », pour voir si cela fonctionne réellement, mais je n’en ai toujours pas trouvé le mode d’emploi. Alors si vous avez des pistes pour me guider vers ce chemin de la sagesse, je veux bien essayer, juste pour voir.

 


Sister « dubitative et circonspecte »

 

Chronique 13042011 Chronique 13042011

Par Sister of Night - Publié dans : Dans le frigo : articles froids
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Amuse-bouche

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