A méditer... ou pas
À partir de quoi il m’apparaît urgent de me taire"
Pierre DESPROGES
Cher internaute perdu, insomniaque de base, psychopathe sarthois et autre animal du web, intéressons-nous à une perle du genre, aujourd'hui : turlupiner.
Tout d'abord une petite explication de textes pour ceux qui viennent de découvrir ce nouveau mot, je vous livre illico quelques clés.
Bien sûr, ceux qui se sont déjà un peu promenés sur mes pages auront compris que je ne peux pas en rester là. D'abord parce que je n'ai encore rien dit et aussi parce que vous en attendez plus, c'est évident.
Quand on décortique un peu le verbe, on est en droit de s'interroger sur l'évolution du mot, car, à la base, il était sûrement chaste et propre, mais, maintenant, les termes évoluant, il me semble être le fruit (du péché ?) d'une perversion mal dissimulée.
Rappelons juste en vitesse, la blague de Dieu expliquant à Adam qu'il l'a doté d'un cerveau et d'un appareil génital, mais que sa pression sanguine ne lui permettrait pas de faire fonctionner les deux en même temps.
Et bien, tout compte fait, nous sommes en plein dedans (si j'ose dire, oui j'ose, alors tant mieux).
D'un côté, le mot entier fait bien référence à la capacité à se prendre la tête (pas trop secouer sinon vous risquez de réveiller l'araignée au plafond). D'ailleurs, ne dit-on pas : branler du chef ?
Voilà la transition idéale, car une fois coupé en deux (il n'est pas ici question de circoncision, je rassure les religieux pratiquants qui ne pratiquent pas mes pages, car leurs bonnes moeurs ne permettent pas d'y adonner) donc nous obtenons, à un chouia près : turlu(te) / piner.
Mots dont la définition ne sera pas donnée, il faut savoir vous prendre en main de temps en temps, enfin, j'dis ça, j'dis rien...
Et voici donc révélée l'autre fonction à disposition de tout homme normalement constitué (les trav', trans' de tous bords et divers gauches qui portent à droite, choisiront leur camp).
Ah ! C'est malin, vous allez encore m'accuser de tomber (aïe) dans le graveleux, mais, la léchouille, euh non la langue de Molière (quoique mes investigations buccales ne soient pas allées jusque-là) est réputée pour sa richesse et ses extravagances.
Cela ne fonctionne pas avec tous les mots, par exemple : turpitude. Bien qu'il lui ressemble un peu, ne donne aucun résultat valable une fois disséqué. Vous êtes prévenus.
Estimez-vous heureux, j'aurai pu détailler le mot concupiscence, mais, maintenant que vous avez compris la méthode, je vous en laisse le soin tout seul.
Sister "à califourchon sur les mots"
- Bonjour, vous souhaitez rendre un article ?
- Euh oui, je ne suis plus satisfaite de ce corps et je voudrais reprendre mon ancienne enveloppe charnelle.
- Ah bon, celui-ci ne vous plaît plus ?
- Oh, il est très bien, la preuve en est que je l'ai gardé plusieurs années, mais, la taille n'est plus en adéquation avec mes attentes de l'avenir.
- Oui, vous aviez pris le modèle très large, ça peut devenir pesant à la longue...
- En effet, vous avez mis le doigt dessus (retirez-le maintenant, merci) et il m'a été d'un grand secours.
- Vous avez pleinement exploité son pouvoir de bouclier envers l'entourage ?
- Bien sûr, c'est d'ailleurs ce qui m'avait motivé pour le prendre, j'avais besoin qu'on m'oublie, car je ne souhaitais plus avoir quoi que ce soit à prouver à quiconque.
- Etrange paradoxe n'est-ce pas ?
- Tout à fait, ce côté placide nous rend transparents et pourtant on nous sollicite sans cesse pour alléger la peine, la douleur, les ennuis.
- Oui, nous mentionnerons désormais sur l'étiquette que le modèle saint Bernard (ne pas confondre avec Sarah qui n'était pas vraiment une sainte) est une éponge (sans Bob ni casquette, S.V.P.) pour toute la misère des autres.
- C'est bien le problème, car j'ai fini par me perdre dans ce costume trop grand pour moi. J'aimerai me recentrer sur ma propre vie et mes attentes.
- Le risque est bien réel en effet, à force de jouer un rôle, on en oublie sa personnalité, on devient vraiment le personnage que les autres veulent que vous soyez pour eux.
- Finie la vie par procuration ! J'ai plein de projets perso alors je ne pourrai plus traiter les petits et gros soucis de tout le monde.
- Vous savez que l'inversion du processus est un peu longue et semée d'embûches ?
- Oui, oui, je m'y suis préparée, l'idée est mûrement réfléchie et je me sens prête, ma décision est prise.
- Sans indiscrétion, quel en fut le fait générateur ?
- Euh, si, c'est indiscret mai bon, allez, je balance, mon groupe sanguin est A négatif. Quoi ? Je m'égare ? Je n'ai pas compris la question ? Si, si, j'essayais juste de noyer le poisson.
Ce qui a tout déclenché ? Une rencontre, des paroles, un personnalité plus marquante, une ouverture sur le monde que je percevais plus.
À force d'être le nez dans le guidon, on en oublie la route et on se perd.
À courir plusieurs lièvres, on en oublie son propre objectif.
À être trop disponible pour les autres, on en oublie d'exister pour soi aussi.
- Je vous sens déterminée, d'où vous vient cette motivation ?
- Du coup de pied au c.. que j'ai reçu ! Pour une fois, ce n'est pas moi qui faisais bouger les autres, je me suis fait bousculer dans le bon sens.
Je n'étais plus sur les rails depuis longtemps sans pourtant avoir rien vu venir.
Le choc a été total : on m'a tendu la main ! Au début, je n'ai rien compris, je ne savais pas quoi en faire. J'étais perdue et surprise par cette subite sollicitude. Cela sortait totalement de mes schémas habituels.
Puis, j'ai assimilé ce qui arrivait. On ne me poussait pas sur le chemin, on me montrait ma voie. J'en restais sans voix ! Progressivement, je retrouve un souffle nouveau. La petite musique de mon coeur résonne à nouveau à mes oreilles. Qu'il est bon de l'entendre à nouveau après plus de 10 ans de "coma psychologique et émotionnel".
- Il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.
- À qui le dites-vous ! Depuis toujours je vois et ressens la douleur des autres, je ne savais même pas que je pouvais aussi entendre la mienne. Jusqu'à présent, le sentiment était diffus, présent, mais impalpable.
- Pourtant, l'ampleur de votre bouclier physique aurait dû vous mettre la puce à l'oreille ?
- Mais non, pas le moins du monde, j'étais au pied du mur, mais en le voyais pas, du moins très partiellement et cela me convenait. En fait, mon esprit est resté tout ce temps formaté sur le corps précédent, je ne voyais pas le nouveau qui s'était installé. C'est pourquoi je voudrais retrouver ma logique corporelle puisque ce costume que j'endosse n'a jamais vraiment été le mien.
- La cécité en plus de la surdité ?
- Tout à fait ! Suite au choc initial, le bouleversement a été intégral, mais je ne voulais pas l'accepter alors j'ai continué à batailler contre les moulins à vent des autres pour ne plus avoir à affronter mes fantômes personnels.
- Et en quittant le costume mal taillé, vous pensez être guérie ?
- Non, pas déjà, mais en cours de guérison, oui. Mon corps n'est pas mon ennemi, il n'est que le reflet de plus en plus voyant de ce que je ne voulais pas voir en moi.
Maintenant que j'ai vu la jolie lueur qui brille, la conséquence psychosomatique n'a plus lieu d'être...
- Et vous pouvez donc retrouver votre corps d'avant, ou du moins vous en rapprocher. OK, j'ai tout compris.
- On m'a montré la porte qui mène à la paix intérieure, j'ai osé l'ouvrir et je me sens prête, à défaut de transformer le plomb en or, au moins à canaliser le stress pour en faire une énergie positive me permettant d'aller de l'avant.
- Alors bonne route et sans regret ?
- Merci, sans regret je vous assure. Je ne suis plus nostalgique du passé, je vais aller au-delà et appréhender l'avenir avec plus de sérénité.
- Adieu ancien "moi".
Sister "une page se tourne"
Ah ! Ça vous fait flipper un truc pareil ! Et bien vous avez raison, car il y a de quoi.
Étant une citoyenne à la fois honnête (donc un peu conne, je dois bien l'admettre) et carrément consciencieuse par déformation professionnelle (oui, j'en tiens une couche, c'est une caractéristique qui n'existe plus dans le monde du travail) du coup, j'ai tenté de déclarer mes impôts par Internet.
En théorie, j'avais déjà le fameux certificat d'authentification, sorte de sésame fiscal pour accéder à mon compte. Bah oui, y'a rien à prendre, rien d'intéressant à voir, mais bon, c'est gardé comme la Banque de France. Des fois qu'un généreux donateur veuille se substituer à moi pour payer ma contribution au Trésor, il en serait bien incapable le bougre. Saletés de fonctionnaires, z'ont rien de mieux à faire.
En théorie disais-je, car entre temps, j'ai changé d'ordinateur et du coup, mon certificat n'existe plus, enfin il est toujours là, mais inexploitable, car attaché au N° IP de la machine. Quelle connerie ! Après moult bidouillages, tentatives et autres essais à cliquer partout, j'ai pu annuler l'ancien et en créer un nouveau.
Rien que pour déterminer l'origine du problème, il faut avoir l'habitude de trimbaler son mulot sur le www.impots.gouv.fr <http://www.impots.gouv.fr/> et au bout d'un moment, on fini par trouver la bonne porte virtuelle. Quel bordel là-dedans, on voit bien que ce sont des énarques qui ont pondu un truc aussi tordu ! Avec tous les fichiers auxquels peut avoir accès Bercy, on se demande pourquoi ils ont eu l'idée d'une "authentification " aussi complexe. Je vous assure qu'il y a intérêt d'avoir une compta perso bien tenue et des papiers en règle (si je puis dire) car on vous demande des références provenant de 3 supports différents. Pas question d'un dégât des eaux, déménagement ou autre incendie sinon vous êtes foutus !
Je continue tout le processus, allez, faut tenir bon, y'a pas de raison. Bingo ! C'est fait. Je vais pouvoir valider les infos déjà mentionnées sur le bordereau papier qui aurait pu finir à la poubelle ensuite, mais non, faut pas se laisser aller à ce geste désespéré, des fois qu'on me redemande des codes figurant dessus... l'ère du numérique a ses limites pour l'Etat, mieux vaut conserver la paperasse, ça rassure les autorités. Pff, bande de rétrogrades débiles !
Avec mon nouveau certificat tout neuf, je m'en vais finaliser la validation de mon flicage monétaire. Ah ah ah ! C'était sans compter sur les affres du système. Sans raison apparente, rien ne marche, ça plante, pas moyen d'accéder. Fait ch... ce truc pourri !
D'un geste rageur, je ferme le site et vais attaquer mon repas, car y'a pas de raison de se laisser abattre, non mais des fois ! Ils ont déjà le nez dans mon portefeuille, je ne les laisserai pas attaquer ma gamelle sinon je grogne !
Au bout de quelques minutes et une séance de yoga plus loin, je reviens vers le PC, bien déterminée à venir à bout de cette validation à la noix et l'air détaché de la fille qui sent qu'elle aura le dessus sur la machine.
Un clic par ci, un numéro par là, j'accède au fameux formulaire, je valide et paf ! Cette fois c'est le fire-wall qui me lance un message d'alerte et ferme la fenêtre ! J'étais presque arrivée au bout. Je déconnecte l'antivirus, le pare-feu et le reste puis je recommence. Ah, enfin, ça marche, mission accomplie !!! Je suis une contribuable libre ! Enfin question de parler, car maintenant, une fois encore, ils connaissent tout sur mes revenus, mon patrimoine, mon train de vie, mes écarts.
Il en faut des efforts pour se mettre en règle avec les autorités fiscales. Je n'ose pas imaginer le calvaire de ceux qui n'y connaissent rien. Ça doit faire flipper dans les chaumières ! Il vous reste encore la journée de demain pour attaquer ce parcours du combattant. Si vous tardez, ce sera 10 % de bonus pour votre inspecteur des impôts.
Bon, je vous laisse, faut que je finisse mes valises, je pars quelques jours en Suisse... Nan, c'est très surfait, maintenant, y'a plus simple, il suffit de squatter l'Elysée ou Matignon.
Au fait, on en est où dans l'affaire Clearstream et les milliards qui se sont volatilisés ? Ils n'ont pas besoin de certificat eux... je vais peut-être me présenter pour mai 2007... Ça me simplifiera l'impôt...
Sister "certifiée conforme par le Trésor Public"
Quelques pensées en vrac, des chroniques sur le vif, un soupçon d'actualité, le tout saupoudré de bonne humeur (autant que possible) pour espérer susciter l'intérêt ou la curiosité. Chose rarissime sur le Net : mon site est garanti 100% sans pub ! Mais oui, vous ne rêvez pas, c'est dingue n'est-ce pas ?
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"L'avenir nous tourmente, le passé nous retient, c'est pour ça que le présent nous échappe."
Gustave Flaubert
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"Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson capturé, alors seulement, vous vous apercevrez que l'argent ne se mange pas." (dicton amérindien)
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