Cet après-midi, il a plu sur Paris. Rien d’extraordinaire là-dedans me direz-vous et je vous
l’accorderais volontiers, sinon que la grosse averse a entraîné la fermeture de quelques stations de métro, mais ça ce n’est pas grave, on le sait que notre belle capitale n’est pas étanche et on
s’en accommode finalement fort bien.
J’étais en pleine rue quand le ciel m’est tombé sur la tête (par Belenos !), lâchant ses
hallebardes et s’acharnant sur mon parapluie qui faisait ce qu’il pouvait face à ce déchaînement météorologique. Juste le temps de traverser le parc Monceau et j’étais trempée jusqu’aux genoux
(ça change des os, des eaux et des zoos => voir gnouset non genoux, hiboux, cailloux).
Arrivée dans le métro, je m’assieds sur un strapontin et sors de mon sac une serviette en papier
d’un ton carmin, prise un midi dans un bistrot. Après avoir littéralement vidés mes escarpins de l’eau qu’ils contenaient, j’essuie machinalement mes jambes ruisselantes. D’un coup je constate
l’air effrayé de la nana qui monte dans la rame et fixe mes guiboles. Je soulève ma cheville droite et jette un œil à mon tour. Damned ! De longues trainées rouge sang remontaient de mes
chevilles à mes cuisses ! Bigre ! Impressionnant en effet ! Je n’avais pas du tout prévu que le petit carré de Sopalin coloré s’amuserait à déteindre ainsi en laissant des traces
peu communes sur mes membres inférieurs. Laissant croire que j’avais bataillé ferme avec mon rasoir jetable et que celui-ci avait largement remporté la victoire, occasionnant des stigmates
sanguinolents que les pauvres bas chairs 15 deniers ne risquaient pas de pouvoir masquer.
J’ai donc fait mine de rien, sorti de mon sac un vrai Kleenex immaculé et effacé du mieux que
j’ai pu les traces écarlates de la traitresse serviette de resto. On ne m’y reprendra plus. La prochaine fois, je tenterai de garder toute ma dignité avec les chaussures qui font « scruitch,
scruitch » et les jambes dignes d’un demi de mêlée sortant de l’entraînement.
À part cette information d’une importance toute relative, ma journée s’était passée sans
problème, ordinaire et banale, mais sympathiquement agrémentée de SMS, mails et autres commentaires FB m’encourageant à affronter dignement le grand sablier céleste.
Il était 17h et j’avais déjà très largement fait mon quota d’heures de taf, j’étais donc en train
de finaliser les derniers dossiers en cours et - pour une fois - partir un peu avant 18h.
Appel de Big Boss : « vous pouvez venir dans mon bureau ? ». Question qui
n’en est pas une, c’est une demande quasi martiale, je m’exécute donc.
Voici les faits tels qu’ils se sont déroulés, je n’invente rien, c’est du brut de décoffrage,
seuls les commentaires en italiques sont des précisions en sus.
« Voilà, on met fin à votre période d’essai aujourd’hui, votre solde de tout compte est là,
vous préférez le signer tout de suite ou qu’on vous l’envoi en recommandé ? » => je suis dans l’entreprise depuis quasiment 4 mois.
« Oh je vais prendre tout immédiatement, ça vous évitera les frais ».
« Voici votre paye arrêtée à ce jour, vos congés, on a déduit les tickets resto et il y a
l’indemnité de préavis, signez chaque feuille en mentionnant que vous les avez reçus en main propre aujourd’hui » => pour information, il est interdit de rompre une période d’essai
sans respecter un délai de prévenance, d’où le préavis qui compense l’entorse à la loi qu’il ne s’est pas privé de faire.
« Euh, il y a une erreur sur l’attestation ASSEDIC, l’indemnité n’y figure
pas »
« Oh non, c’est pas vrai ! Allo M., venez de suite, il faut corriger un document et
aller le faire signer à C. en urgence ! ».
« C’est bon, j’ai signé » => pas une autre parole de ma part, j’étais
scotchée.
« Tenez, voici une chemise, prenez vos feuilles et je vous rappelle dans 5 minutes pour
celle qui manque ».
10 minutes plus tard.
« Vous pouvez revenir », « signez comme pour les autres ».
En me levant pour partir, je lui balance avec un grand sourire : « Ah oui, c’est
original comme cadeau, je m’en souviendrai de cet anniversaire ! ».
« Ah bon, c’est aujourd’hui ? Hé bien bon anniversaire, vous savez je ne regarde pas ce
genre de chose, moi les dates… » => rappelons qu’il vient de me virer, mais me souhaite mon anniv’ ! J'hallucine !
« Mais sinon, je peux avoir une explication ? J’ai fait une erreur ? Il y a un
problème ? ».
« Non, juste un souci de communication, pour mille choses et pour rien, vous êtes très
indépendante et cela n’est pas dans nos méthodes, vous devriez avoir un poste autonome plutôt qu’au sein d’une équipe. Vous êtes jeune, vous retrouverez facilement du travail, au
revoir ».
« Oh oui, je ne m’angoisse pas pour ça. Au revoir » => j’aurais dû dire
adieu.
Sur ce, je suis retournée à mon bureau, ai rangé mes affaires et appris la nouvelle aux quelques
collègues encore présentes qui n’en revenaient pas. L’une de mes chefs n’était même pas au courant, elle est tombée des nues. L’autre regardait ses pompes et faisait mine de ne pas m’entendre, ce
qui n’est pas évident dans un open space où juste 3 cartons me séparaient d’elle. Bah oui, c’est elle-même qui m’avait préparé mon dernier bulletin et l’attestation erronée, elle venait de me
pousser vers la sortie. Je ne sais pas ce qu’elle a dit de moi en hauts lieux, mais visiblement mon autonomie et mes méthodes efficaces devaient lui faire de l’ombre alors elle m’a évincé. Elle
n’a pas compris que je ne voulais pas son poste, mais elle a dû croire à une rivalité. Finalement, c’est comme dans « Le Maillon Faible » les losers éliminent toujours les forts comme
ça ils savent qu’ils ne se retrouveront qu’entre médiocres et qu’ils auront plus de chance de gagner.
Chose que je n’ai pas comprise, elle m’a demandé mon numéro de portable pour me recommander à un
client qui pourrait être intéressé par mon profil. Visiblement, elle a déjà des scrupules de son acte. Tant pis pour elle, moi je peux me regarder dans le miroir sans honte ni
remords.
L’autre chef m’a glissé en douce les coordonnées de quelqu’un qui recrute aussi en ce moment et
cerise sur le gâteau, l’un des associés (pourtant réputé assez dur) a immédiatement transmis mes coordonnées à l’un de ses contacts et j’avais déjà un message du gars sur mon portable alors que
j’avais passé la porte depuis moins d’une heure.
Ca pourrait être flippant, mais je suis confiante, bosser dans une entreprise qui est plutôt une
espèce de couvent austère où les mères supérieures sont envieuses, ce n’est pas non plus mon idéal professionnel.
Oui je rebondirai, oui je ne suis ni inquiète, ni traumatisée.
Ce soir, il me reste une drôle d’impression, celle de m’être faite plaquer, ce qui me fait très
bizarre, moi qui suis une grande adepte de la diplomatie et du respect d’autrui.
Autre truc étrange, c’est l’idée que je vais devoir m’inscrire au chômage, alors que je bosse
depuis plus de 12 ans (et même 20 si on compte les jobs d’été et du soir de mes années d’étudiante), mais n’ai jamais eu de temps-mort entre deux CDI.
Pour la première fois de ma vie, je ne sais pas ce que je vais faire lundi, je ne serai ni au
boulot, ni en RTT, ni en congé… juste chômeuse surqualifiée.
La vie vous réserve de drôles de surprises parfois pour votre anniversaire…
Hé bien il ne le fait pas franchement, juste par un moyen détourné, une manœuvre d’entourloupe
basée sur la peur et la menace.
En lisant dans un magazine que le groupe Indochine comptait remplir le Stade de France en juin
2010, le journaliste s’étonnait de cet engouement et se demandait si cela tenait à l’affiche de la tournée où le chanteur et son guitariste apparaissent nus.
Ceci ayant piqué à vif ma curiosité, je fonce voir sur mon ordi l’objet de tant de convoitises.
Comme des centaines de millions de gens, je me sers de Google pour ma requête et je tape « affiche Indochine » mais lorsque je clique sur l’un des liens donnés en résultat, je tombe sur
un message d’erreur pas banal. Du coup, j’essaye avec « affiche Sirkis et Boris », toujours la même mise en garde (voir ci-dessous).
Et là je ne comprends pas. Qu’est-ce qu’il peut bien y avoir de si subversif sur la photo pour
que le simple fait d’aller voir les sites qui en parlent entraîne une menace de mort sur mon PC par injection massives de virus terrifiants et autres attaques destructrices ?
Bon, je ne vais pas en rester là, je passe donc cette fois par Yahoo, qui me donne des adresses
où tous les gens débitent le même discours descriptif et toujours pas de cliché torride.
Mieux vaut s’adresser au Bon Dieu qu’à ses saints, je vais donc directement sur le site du groupe
pour y trouver le fameux objet de convoitise.
Et là, j’ai envie de dire : « tout ça, pour ça ?!?!? ».
D’accord, voir des mecs nus en 4x3 est beaucoup moins fréquent que les nanas qui nous vendent
ainsi du camembert et des produits ménagers, mais là, y’a rien de choquant, rien qui ne mérite que Google ne pose son droit de véto et interdise tout accès. Nan, vraiment je ne vois pas. Il est
vrai que pour quelqu’un qui fêtera donc ses 51 piges (4 jours avant le concert) devant près de 80 000 personnes, il a vraiment un physique enviable, mais justement, il n’y a pas à en rougir
et encore moins à en interdire l’accès à toute la planète sous des prétextes fallacieux de sites à risques qui hébergeraient ladite photo.
Bon, étant une grande fan immodérée de Depeche Mode, j’avoue trouver assez amusant de constater
qu’Indochine occupera le même endroit juste 1 jour avant mais 1 an après le passage de mon groupe favori, ça fait un peu « première partie décalée », mais on ne peut pas leur en vouloir
depuis plus de 25 ans ils convoitent les mêmes adeptes de new wave et d’électro.
Sachant que U2 (courant musical similaire, bien que plus rock) sort son prochain album le 27
février (No Line on the Horizon), que celui de Depeche Mode est prévu pour le 20 avril (Sounds Of The Universe) et qu’Indoch’ nous pondra le sien le 9 mars, on peut dire que 2009 sera une année
forte pour les nostalgiques des « papis des musiques électroniques des années 80 ». Tant mieux, ils ont maintenant deux à trois générations de fans qui les suivent et ça, c’est
vachement rassurant en ces années de crise et de zapping mercantile à tout crin.
Et The Cure ? Pas de nouvel opus pour cet an neuf ? Dommage, on aurait eu la panoplie
complète.
Electro is not dead!
Sister “Google n’aura pas la peau de l’info »
P.S. : désolée, les clichés sont flous, je ne sais pas pourquoi
alors que les miens ont une meilleure résolution.
Quelques pensées en vrac, des chroniques sur le vif, un soupçon d'actualité, le tout saupoudré de bonne humeur (autant
que possible) pour espérer susciter l'intérêt ou la curiosité. Chose rarissime sur le Net : mon site est garanti 100% sans pub ! Mais oui, vous ne rêvez pas, c'est dingue n'est-ce pas ?
"L'avenir nous tourmente, le passé nous retient, c'est pour ça que le présent nous échappe."
Gustave Flaubert
Ne soyez pas timide(s) comme ça, balancez une connerie, un bon mot, exprimez-vous, cet espace est le vôtre. Profitez-en,
y'a même pas besoin d'une carte de membre (actif ou endormi).
"Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson
capturé, alors seulement, vous vous apercevrez que l'argent ne se mange pas." (dicton amérindien)
Le site ci-dessous étant d'une qualité rare, parfaitement documenté de connaissances très
pointues, vous ne trouverez jamais mieux et c'est avec une grande fierté que j'en fais la promotion. De tels talents méritent un coup de pouce et un soutien solide.
Des critiques ?